09.10.2008
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Mouss(a) de champagne au Niger

Son nom a fait le tour des rédactions : Moussa Kaka. 384 jours passés en prison, c’est long, pour ce correspondant de RFI au Niger, qui a toujours clamé son innocence. Son crime ? Avoir eu des contacts avec la rébellion touarègue. Comme Thomas Dandois et Pierre Creisson, eux aussi incarcérés au Niger il y a moins d’un an. Les 2 sortent un livre, En Territoire Interdit, qui raconte ce que les autorités nigériennes n’ont pas voulu qu’ils montrent. Pierre Creisson répond à StreetReporters.

Dans la préface du livre En Territoire Interdit, Robert Ménard, ancien secrétaire général de Reporters Sans Frontières, dit qu’il est « l’un des hommes les plus droits qu [‘il ait] croisé en Afrique ».  « L’homme droit » est sorti de prison. En revanche, il encourt toujours de un à dix ans de prison pour « atteinte à l’intégrité du territoire national », pour entente avec le Mouvement des Nigériens pour la Justice (MNJ). Parce qu’il aimait ça, Moussa, faire son travail de journaliste. Pour avoir eu des contacts téléphoniques avec la rébellion touarègue, bête noire du président Mamadou Tandja, il avait été incarcéré le 20 septembre 2007. Il aura fallu un an de mobilisation pour le faire sortir de prison. 

Aujourd’hui, Moussa est en colère : « C’était un complot depuis le début. Ils m’ont tendu un piège, je ne suis pas tombé dedans. Je suis très ému car je reviens de très loin, sincèrement à la limite des portes de l’enfer », a-t-il affirmé à l’AFP.
«Moussa Kaka, on l’a eu plusieurs fois au téléphone, mais on ne l’a jamais vu, car on n’était pas dans la même prison»
Pierre Creisson et Thomas Dandois reviennent sur leur séjour dans les prisons nigériennes
Pierre Creisson a passé un mois en détention avec Thomas Dandois au Niger, tous deux risquant la peine de mort. Pourquoi ? Pour avoir fait leur métier de journaliste. Métier dangereux, méconnu et souvent critiqué. Rencontre avec Pierre, entre un sujet sur Haïti et un autre sur la République Démocratique du Congo, pour une leçon de journalisme.
Dans leur cellule au Niger, ils ont entendu Nicolas Sarkozy s’adresser à leurs collègues restés à Paris : «Nous sommes obligés de prendre des risques » «vos confrères qui ont pris des risques qui n'avaient rien à voir avec l'exercice de leur métier », « dus à une certaine légèreté ». Les mots sont durs, et ils leurs étaient destinés. Comment ne pas se sentir méprisés, alors qu’ils étaient partis clandestinement en Afrique, dans le seul but de ramener des images de la rébellion touarègue ? Le chef de l’Etat ignore que la mission du reporter est d’aller là où ça dérange ? Qui va le croire ?

Malheureusement, les gens mélangent tout (voir la vidéo), et mettent toutes les professions de la télévision sur le même plan.  Car la télé, ça fait rêver, mais ça tape aussi sur les nerfs. Comme le rappelle Pierre Creisson : « Nous avons un bon journalisme en France. Le problème, c’est que lorsqu’on regarde un JT à 20h, c’est souvent des sujets d’une minute trente. Il y a un coté inhumain dans ces sujets courts ». Résultat : « ça génère une frustration » autant chez les journalistes que dans le public, qui ne peut pas « répondre » au média télé et « accumule » les rancoeurs.
L’imagerie populaire représente le journaliste comme libre, indépendant, impertinent, voire fainéant. Mais la profession n’est plus ce qu’elle était.  « Le rédacteur en chef va demander à son journaliste d’aller à tel endroit, en mettant le focus sur une chose en particulier, alors qu’il se passe des milliers de choses ailleurs. Je ne suis pas sûr que le journaliste aie encore le choix d’ailler où il veut. C’est plutôt l’inverse qui se passe dans la réalité !»
Pour détourner l’attention des autorités de Niamey, Pierre et Thomas ont prétexté un reportage sur la grippe aviaire. Menteurs ! Manipulateurs ! Oui, et alors ?

Ces deux reporters font partie de la crème du journalisme français. Pour vous, pour nous, ils risquent leur peau. Dans cette aventure au Niger, leurs bandes vidéo ont été détruites. Alors, à défaut de raconter leur périple en images, ils nous livrent leur témoignage dans un livre, En territoire interdit. La vérité sur cette histoire accompagnée d’une grande démonstration de journalisme.

Alice Palussière, Julie Rubino

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10.10.2008 / 12h04


jadore creisson, j adore son parcours, il me bluffe


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